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Par amour des polices : une interview de Daniel Britton, concepteur de polices

Tara Storozynsky
avril 19, 2021

La conception peut avoir une grande influence sur la manière dont nous percevons le monde et dont nous assimilons les informations. Pour Daniel Britton, concepteur de polices et graphiste britannique, le but est de raconter différentes expériences, de présenter clairement des informations objectives et d’intégrer pleinement l’histoire de la conception dans son travail.


Nous avons découvert le travail de Daniel Britton alors que nous recherchions les polices les plus faciles à lire pour les personnes atteintes de dyslexie
. Ce dernier a en effet créé une célèbre police, baptisée Dyslexia, permettant aux personnes ayant une vision normale d’éprouver les mêmes difficultés de lecture qu’une personne dyslexique. Il travaille également dans une agence, gère des clients privés, fait la critique de travaux d’étudiants, étudie l’histoire des polices et crée les plus belles infographies que nous ayons jamais vues.


Nous avons décidé de le rencontrer afin d’en savoir plus sur son approche de la conception et sur les changements survenus dans le secteur de la création depuis le début de l’année 2020.

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Quand avez-vous réalisé que vous souhaitiez travailler dans le domaine de la conception ?

DB : Eh bien, pour être tout à fait honnête, je ne pouvais pas vraiment opter pour autre chose. Mais c’est comme ça. Si comme moi, vous êtes dyslexique, vos options sont beaucoup plus limitées. Tout comme les outils que vous pouvez utiliser et ce que vous pouvez étudier. Je ne pouvais absolument pas envisager de m’orienter vers l’anglais, ni vers les mathématiques, ni vers tout un tas d’autres matières.

Mais je m’en suis toujours bien sorti dans le domaine de la conception. Je voulais devenir graphiste ou plombier. Et je n’avais pas d’autres options.

 

Nous avons découvert votre travail parce que vous avez créé une police vraiment intéressante, baptisée Dyslexia, qui permet à tous de ressentir les mêmes difficultés de lecture qu’une personne dyslexique. Ma mère est dyslexique, et depuis que j’ai vu cette police, je comprends beaucoup mieux pourquoi elle ne parvient pas à lire mes e-mails jusqu’au bout. Cependant, la plupart de vos réalisations sont principalement axées sur l’image de marque, la conception de l’information et la stratégie visuelle. Qu’est-ce qui vous a donc poussé à créer la police Dyslexia ?

DB : J’ai créé la police Dyslexia à l’université. Au Royaume-Uni, nous pouvons travailler sur des projets personnels. Le but est de vous lancer et de montrer ce que vous savez faire

J’ai donc créé cette police à l’université. Mes professeurs l’ont bien aimé. Cependant, elle est quelque peu restée en suspens pendant de longues années. Jusqu’à ce que je doive trouver un travail.

La raison de la notoriété de la police Dyslexia est d’ailleurs assez amusante. Je travaillais dans le studio SomeOne à Londres avec des personnes vraiment adorables. À l’époque, j’étais un stagiaire irrécupérable. Je buvais de la bière, j’arrivais en retard au travail et je faisais tout ce que font les stagiaires.

Je voulais vraiment me faire remarquer. Je me suis mis en tête de paraître dans un magazine. Je pensais que si mon patron me voyait dans un magazine, il me garderait. J’ai donc effrontément envoyé la police Dyslexia à designboom. Vous savez, le plus grand magazine de conception de tous les temps. [en riant] Le petit génie que j’étais pensait pouvoir paraître dans designboom. Et par chance, c’est ce qu’il s’est passé. Tout est parti de là.

Bon, j’ai quand même perdu mon travail. Mais j’ai publié une superbe police, donc tout va bien. C’est ce qui arrive quand on a 23 ou 24 ans ou quel que soit l’âge que j’avais.

 

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Pouvez-vous m’expliquer comment vous l’avez créée ? Comme vous le savez, la majeure partie du travail de conception de polices est très pratique. Mais dès que vous essayez de les numériser, il vous faut certains outils.

DB : Je pense que tout commence avec un stylo et du papier.

Vous savez, je ne comprends pas vraiment les concepteurs d’aujourd’hui et il m’arrive parfois de critiquer certains travaux à l’OCC, une université de Londres. J’ai remarqué que cette nouvelle génération de concepteurs qui travaille dans les studios est soumise à une tentation. Cette tentation, c’est d’aller directement sur l’ordinateur et de commencer immédiatement son travail de conception dans Illustrator, After Effects, ou tout autre programme farfelu.

Pour ma part, je procède de la même manière que mon tuteur, Hamish Muir, un autre concepteur de polices, me l’a enseignée. Il nous a imposé de réaliser absolument tout d’abord sur papier. De faire des photocopies. De découper. De déplacer les éléments manuellement. Nous commencions par tout réaliser à la main, puis nous perfectionnions le tout dans un programme.

Je pense que c’est la meilleure façon de procéder parce qu’on laisse la place au « hasard ». Vous savez, le hasard peut parfois bien faire les choses lorsque vous tenez des éléments physiquement. Et vous vous dites alors « eh bien, c’est plutôt sympa » ou « étudions ça de plus près ». J’esquisse d’abord tous mes travaux, puis je les mets dans Illustrator pour séparer toutes les couches. J’utilise ensuite After Effects et d’autres outils pour rendre le tout plus attrayant. Mais j’utilise principalement du papier, un stylo et Illustrator.

Quels genres de réactions la police Dyslexia a-t-elle suscitées ?


DB : Quand la police a été publiée, j’ai été assailli de demandes d’interviews et autres. Et une fois que les journaux ont obtenu leurs articles, les réactions se sont multipliées. J’ai été contacté par des parents du monde entier. Ils voulaient me parler de la dyslexie de leur enfant et savoir comment aller de l’avant.

Je vis avec la dyslexie depuis 31 ans. Vous luttez, vous pleurez, vous n’arrivez pas à arranger les choses, et c’est dur. Mais quand vous voyez d’autres personnes traverser cette épreuve, l’ambiance est palpable… surtout lorsque vous parlez avec quelqu’un de l’éducation de son enfant. Ces moments sont extrêmement intenses parce qu’ils sont vraiment importants.

J’ai travaillé avec des parents du monde entier. Soit ils parlent anglais et nous pouvons tout simplement discuter sur Zoom, soit je dois utiliser Google Translate pour communiquer avec des femmes vivant au Chili.
Nous nous arrangeons pour trouver des solutions afin d’aider leurs enfants et les réactions ont été très positives.

J’ai rencontré une jeune fille au Texas, âgée d’environ 12 ans et gravement dyslexique. Elle a montré ma police à sa mère et lui a dit : « C’est ça ! Maman, c’est exactement ça ! »
Sa mère lui a répondu : « Qu’est-ce que c’est ? »
Puis, elle a commencé à écrire avec cette police.

Je n’ai pas très bien compris ce qu’elle voulait dire au début.

Elle devait rendre un rapport, sur Shakespeare il me semble, pour son travail d’anglais, et elle a écrit des pages et des pages dans cette police.

Elle m’a demandé de la relire et je lui ai dit : « Je n’ai pas la moindre idée de ce qui est écrit. »

Cette police a suscité des réactions extrêmement positives. Je trouve que c’est formidable. Et cette police a sans aucun doute changé le regard que les gens portent sur ce handicap et j’en suis vraiment très heureux.

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Y a-t-il des concepteurs que vous considérez comme vos héros et qui vous ont inspiré ou qui vous inspirent encore actuellement ? Connaissez-vous d’autres concepteurs qui s’efforcent de sensibiliser l’opinion publique aux défis et à la diversité dans le domaine de la conception ?

DB : Oui, la liste n’en finirait pas. Il y a énormément de concepteurs très talentueux.

Je pense que mon studio préféré est le studio North de Shawn Perkins. Ces concepteurs atteignent un niveau exceptionnel dans leurs projets, l’exécution ou les concepts… tout est parfait. Vraiment parfait. Et leur travail est à chaque fois si intemporel. Ils n’optent pas pour la touche contemporaine, mais pour des conceptions graphiques systématiquement intemporelles.
C’est mon point de repère. Le niveau que j’essaie de m’imposer dans mon travail. Bien évidemment, je n’arrive ni à le surpasser ni à l’atteindre. Mais chaque fois que je travaille sur l’ordinateur, j’ai cette question dans un coin de la tête : « Que font ces concepteurs ? Comment font-ils ? »

Ceci étant dit, vous avez de super studios de votre côté de l’Atlantique. Le studio Collins est vraiment formidable. Il accomplit un travail remarquable. Mais pour ce qui est des concepteurs qui sensibilisent l’opinion publique, je pense qu’il faut remercier le Studio Dumbar qui se trouve en Hollande. Les concepteurs de ce studio ont réalisé un travail de conception naturel, très touchant et très émouvant. On a besoin de concepteurs comme eux.

 

Vous n’êtes pas seulement concepteur de polices. Vous réalisez également beaucoup d’autres conceptions graphiques. Et j’adore tout particulièrement vos infographies. Elles sont très bien faites, très modernes et très axées sur la conception. Pouvez-vous nous parler un peu de l’approche que vous adoptez pour les créer ?

DB : Merci. Je suis content de vous entendre dire ça parce qu’en réalité, les infographies ne sont pas si connues que ça. On semble toujours y penser après coup. Mais pour ma part, je porte vraiment beaucoup d’attention aux infographies.

Si j’aime tant les infographies, c’est parce que, contrairement aux déclarations que l’on peut faire dans un journal ou dans une interview où il est possible de déformer la vérité, il ne s’agit que de données.

Je me rends à l’ONS, le bureau de la statistique nationale du Royaume-Uni.
L’ONS possède de nombreux flux de données gouvernementales. Je me rends sur place, je prends les données qui m’intéressent et je les retravaille pour les rendre plus accessibles à Pierre, Paul ou Jacques, qui souhaitent rester chez eux et obtenir des informations sur les sujets du jour, mais qui ne veulent pas passer des heures sur un site web gouvernemental.

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Si je fais ce travail, c’est parce que personne ne devrait devoir faire un tel travail sur le terrain pour simplement découvrir la vérité sur ce qui se passe. Mes infographies proviennent vraiment de cette espèce de sphère politique.

Il n’y a pas une once de vérité. Peu importe le parti, vous savez. Tout est déformé et tout est manipulé. Les personnes de gauche racontent n’importe quoi, tout comme celles de droite et celles du centre. Cette situation corrompt la démocratie et met à mal la confiance que les gens ont dans le système. À ma façon, je voulais vraiment mettre un terme à certaines de ces pratiques et apporter ma contribution.

J’ai réalisé une série d’infographies à l’approche des élections afin que tout le monde puisse prendre connaissance des dix principaux problèmes qui toucheront véritablement le citoyen moyen. Je voulais qu’ils soient en mesure de comprendre précisément ce qu’il se passe de manière agréable, esthétique et facile à assimiler. Tel est le but de mes infographies.

 Avez-vous déjà trouvé une police qui a véritablement fait la différence pour un projet ?

DB : Oui, c’est le cas à chaque fois ! Je pense que Paul Rand est le meilleur concepteur que le monde n’ait jamais connu, et je suis sûr que beaucoup de personnes partagent mon avis. Paul Rand a affirmé que la typographie est l’élément le plus important de la conception graphique. Et je suis tout à fait d’accord. Ça en dit tellement long. Pour moi, le succès de chaque projet repose sur l’utilisation de la bonne police. Et j’ai trouvé la police idéale pour tous les projets sur lesquels j’ai travaillé.

Je connais deux livres qui peuvent être vraiment utiles à ceux qui ont de l’expérience, mais qui sont tout aussi adaptés à ceux qui commencent à s’intéresser à la typographie. Comme vous le savez, il existe des millions de polices, et elles ne sont pas toutes réussies. Certaines sont meilleures que d’autres, et certaines sont même remarquables. Ce sont ces polices que vous devez utiliser dans vos projets.

1. Si vous venez de vous lancer, je vous recommande vivement le livre Why Fonts Matter de Sarah Hindman. Ce livre est parfait pour débuter, car il explique les choses de manière très simple et assez ludique. Il est accessible à tous. Que vous soyez un client qui souhaite se familiariser avec les polices ou un concepteur qui a l’impression de ne pas avoir encore tout compris. Commencez par le début et lisez ce livre dans son intégralité. Il est absolument génial.

2. Le livre que vous pouvez voir là-bas au fond est aussi devenu ma bible. Celui qui est gris et orange.


Comme c’est pratique, vous le laissez sur votre table basse !


À côté de la superbe tasse que vous admirez aussi, j’espère ! (rires) C’est L’Histoire visuelle de l’art typographique de Paul McNeil. J’ai honte de l’admettre, mais je ne l’ai acheté que récemment. Hamish Muir, mon tuteur, m’en avait parlé à l’université, il y a sept ou huit ans. J’ai toujours voulu l’acheter, mais je ne l’ai fait qu’il y a un an. Et il a complètement changé la donne ! C’est super de pouvoir étudier la typographie dans son contexte historique et de pouvoir associer les polices à des époques et à des significations plus profondes, plutôt que de se contenter de dire « j’aime bien cette police ». Vous ne regardez plus les polices de la même manière. Que dit cette police ? D’où vient-elle ? Comment a-t-elle déjà été utilisée ? Quelle est son association ? À quelles autres polices ressemble-t-elle ? Vous savez, ce livre aborde toute une série de significations, mais il est vraiment très simple. Je considère ce livre comme la bible des polices, car il a vraiment changé la donne.

Je pense que tous les concepteurs devraient posséder ces deux livres. On en tire rapidement profit dans son travail.

 

Cette dernière année a été difficile pour tout le monde. En matière de collaboration avec les collègues et de réponse aux demandes des clients, en quoi les années 2020 et 2021 ont-elles été différentes et en quoi votre processus a-t-il changé ?

DB : Eh bien, pour ma part, les choses n’ont pas beaucoup changé. J’ai deux métiers.

J’ai des horaires de bureau classiques dans une formidable agence à Londres, et je suis très content de travailler là-bas. Nous avons toujours utilisé Slack pour communiquer. Peu importe donc que vous soyez de l’autre côté de la pièce ou que l’un de nous se trouve à Greenwich et l’autre à Waterloo. Vous pourriez tout aussi bien être à Barcelone et réaliser vos conceptions sur la plage. Après tout, pourquoi pas ? La situation n’a pas vraiment changé parce que lorsque vous êtes au studio, vous travaillez sans relâche la plupart du temps. Vous vous envoyez des messages et ne communiquez pas verbalement alors que vous vous trouvez au même endroit. La distance qui vous sépare de votre interlocuteur n’a donc aucune importance.

Beaucoup de personnes travaillent désormais depuis chez elles, y compris mes clients privés. Tout se fait par Slack, Zoom, Google Hangouts, ou autre. Je n’ai donc pas vraiment constaté de changement dans ma façon de travailler. Mais, j’ai remarqué que vous gagnez en efficacité lorsque, vous savez… vous n’êtes plus obligé de suivre ce stupide rituel où vous devez vous rendre à l’autre bout de Londres pour assister à une réunion, ou attendre que les clients arrivent, sortir des petits gâteaux et préparer le café. Fini le cirque d’accueillir les clients au bureau.

J’aime vraiment ce côté informel. Parce que lorsque vous vous mettez sur votre trente-et-un pour vous rendre à une réunion, ce n’est qu’une façade. Et je déteste ça. Personne ne s’adresse à ses amis, à sa mère ou à qui que ce soit de cette manière.

Mais regardez. [montre l’appartement]Comme vous pouvez le voir, ici c’est l’appartement. Et j’ai un ami qui travaille au fond là-bas. Vous baissez alors un peu la garde et la situation devient un peu plus personnelle. Et je préfère ça. Je trouve que c’est mieux.

Par contre, je regrette vraiment de ne plus pouvoir boire une bière le vendredi soir après le travail. Ça me manque. Alors, espérons que la situation s’améliore.

 

Sur quoi travaillez-vous en ce moment et quels sont vos prochains projets ?

DB : À titre privé, je travaille pour un salon de coiffure à Fulham et ça me plaît vraiment. Là encore, je me sers du livre L’Histoire visuelle de l’art typographique que vous pouvez apercevoir au fond là-bas et j’utilise ces recherches comme base du projet.

Je suis très enthousiaste parce que ces clients sont deux jeunes hommes qui se lancent dans l’aventure. Ils souhaitent ouvrir un salon de coiffure anglais traditionnel, comme dans les années 1920. Je dois donc faire des recherches pour savoir précisément quelles techniques étaient utilisées dans les années 1920 et quelles étaient les polices les plus répandues.

Je suis également en train de créer une autre police baptisée Dot Cotton. Je l’adore. Elle est vraiment très sympa. Et très épurée. Elle tient son nom d’une charmante actrice britannique, June Brown, dont le nom de scène est Dot Cotton.


En fait, il s’agit d’une police qui n’utilise que des points. Je sais bien qu’il en existe déjà des millions, mais celle-ci est particulièrement sympa. J’essaie de trouver un moyen d’intégrer une grille à la police, de sorte que, lorsque vous tapez, la grille est également présente et constitue un élément visuel de la police. J’essaie de faire quelque chose de légèrement différent.


Adobe a déjà eu la gentillesse de me faire un peu de publicité à ce sujet, et je les en remercie. J’espère qu’elle sortira cette année. Mais vous savez comment ça se passe avec les projets personnels. Vous les faites toujours passer au second plan quand vous avez d’autres tâches à accomplir.

 
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Si vous disposiez de 60 minutes supplémentaires dans la semaine, que feriez-vous de ce temps libre ?


DB : Eh bien, vous savez, j’ai en réalité deux métiers : celui avec des horaires de bureau classiques, et celui qui commence en début de soirée et se termine Dieu seul sait quand. Donc, si j’avais une heure supplémentaire dans la semaine, je peux honnêtement vous dire que je l’utiliserais pour prendre un petit apéritif. Un petit apéritif très bien organisé pour que je puisse en profiter du début à la fin. C’est ce que je ferais à coup sûr.

 

Je pense que tout le monde apprécierait ! Je viens de voir ce beau livre derrière vous et j’ai une dernière question. Avez-vous une police de prédilection ? Une police que vous adorez utiliser, ou qui vous donne tout simplement le sourire ?

DB : Eh bien, après avoir étudié à l’OCC et étudié Helvetica, je dirais probablement qu’il s’agit de cette dernière. Cette police est magnifique, même si elle est quelque peu ennuyeuse. Mais si tout le monde la choisit, c’est bien pour une raison. Elle est parfaite comme elle est. Erik Spiekermann ne partagerait pas cet avis, mais je la trouve toujours superbe.

Depuis que j’ai lu le livre de Paul McNeil, j’ai une autre police de prédilection. Elle a été créée par un anglais et c’est sans doute la toute première police sans empattement. Il s’agit de la police Grotesque de Thorowgood. Elle a été créée en 1828 il me semble. C’est formidable. Je l’adore ! Elle ressemble à une police d’époque et vous ne pouvez donc pas l’utiliser dans votre travail quotidien. Chaque aspect de ce que vous faites doit correspondre à cette police. Et c’est ce qui me plaît. Si vous comprenez les polices et connaissez leur histoire, la conception devient beaucoup plus intéressante.

Vous devez beaucoup vous documenter pour en arriver là. Vous risquez de rencontrer des difficultés, surtout si vous êtes dyslexique. Mais y consacrer autant de temps et d’effort en vaut vraiment la peine. En fin de compte, cela rend la conception tellement meilleure.

 

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